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A VIF / Musique

Balade dans le jardin du «Montreux Jazz»

L a programmation du festival est composée comme on agencerait une boutique de fleuriste. Les plantes les plus admirées sur les scènes majeures, les végétaux les plus complexes ou pas encore totalement éclos à la House of Jazz ou sur d'autres scènes gratuites.

Un soir de début juillet à Montreux, c'est comme composer un assemblage floral avec toutes ces couleurs musicales représentées partout sur le site. On pense à des roses flamboyantes pour Jungle. Un collectif d'Albion produisant une funk sexy et indie, gourmande et hypnotique. Vu vers minuit en bouquet final dans un Lab redécoré en «stamm disco» et en totale fusion avec son public. Plus tôt, on imagine des tournesols géants entourer la bande de la Valaisanne KT Gorique. En animatrice du plus grand camp en plein air du site, elle illumine et abreuve de lyrics solaires le public de ce «Music in the Park», encline à débiter ses raps de championne du monde (de freestyle, un titre décerné en 2012 au concours «End the Weak» à New York). Son parler franc et chaleureux résonne dans les feuilles des spectateurs qui reprennent les hymnes sans trop souffrir du rythme plus soutenu que celui du coucher de soleil sur le Léman. Le bouquet s'enrichit de primevères pour Oscar Jerome et son apparente envie de colorer un jazz-funk bien à lui, cool et tendu à la fois. Il s'arrache de la scène gratuite du «Liszto» avec Give back what you stole from me, titre introduisant son EP de 2017. Dans cette nouvelle «serre à semis», on comparera à des orchidées violettes la musique du kiwi Jordan Rakei. Un plaisir ouaté d'entendre la voix de ce jeune pousse comme une caresse. Sa voix tire avec classe du grave aux aiguës tout en pianotant sur ses touches des riffs jazz-soul et trip-hop. Pas étonnant que le label londonien Ninja Tune, maître dans l'art de mélanger les musiques noires, dansantes et exploratrices lui ait ouvert sa porte. Dernier élément du bouquet de fleurs, du jasmin étoilée avec ses pétales blancs et ses tiges grimpantes pour décrire la musique des Strasbourgeois de Notilus, dévorée à deux reprises à la House of Jazz (encore un espace gratuit). C'est un quintet aux influences éclatées, puisant dans le kletzmer – cher à la communauté juif ashkénaze importante de la ville alsacienne – et dans l’électro groove, pompant aussi dans le free jazz le plus inventif et flirtant au trip-hop expérimental, utilisant le sax avec des pédales d'effets distordus.

Bon pour la tête est une association à but non lucratif, emmenée par un comité de bénévoles composé de Sarah Dohr (présidente), Geoffrey Genest, Yves Genier, Anna Lietti, Denis Masmejan, Patrick-Morier-Genoud, Jacques Pilet, Chantal Tauxe (ordre alphabétique).

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