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A VIF / Concert de Charles Aznavour, mercredi 13 décembre 2017, Paris-Bercy

Aznavour en rock star à Bercy

«Ma voix est cassée, cela vous le savez», «je tremble et ce n’est pas le trac», «je perds la mémoire et c’est pour ça que j’ai un sponsor… non, un prompteur!».

Tout habillé de noir, Aznavour, 93 ans, s’adresse aux 20'000 spectateurs de Bercy, un lieu immense, plus propre aux concerts de rock, qu’à la chanson intimiste.

Johnny s’y est produit avec «Ses vieilles canailles», peu avant sa mort, c’est peu dire que le lieu était imprégné de sa présence, ami d’Aznavour et après pareille introduction, on pouvait s’attendre au pire.

Mais le petit homme donne le ton d’emblée avec une énergie servie par un souffle puissant, retransmis sur deux grands écrans, il reprend ses grands succès et s’explique.

La balance entre ses musiciens et sa voix est réglée au millimètre, de grands projecteurs balaient la scène et le public, le concert peut commencer.

«Une chanson c’est d’abord un texte, qui doit pouvoir être dit par un comédien sans musique» et il récite la chanson «Ma jeunesse» pour ensuite l’interpréter. «Piaf avait l’habitude de citer ses arrangeurs, ses compositeurs et je fais de même.»

La référence est lancée. Né en 1924, il a chanté avec elle et lui est resté fidèle. Rappelons qu’au décès de Marcel Cerdan, il était parti à New York pour l’entourer, plantant là ses concerts à Montréal. On se met à rêver, c’est comme si tant d’années après on pouvait assister à un concert où l’on entendrait Brel, ou Montand.

La magie opère, il termine par «Il faut savoir» et «Emmenez-moi».

Les spectateurs ont quitté leur place pour s’approcher de la scène, c’est la fin, malgré les applaudissements. Il arrête. Deux heures sans entracte se sont écoulées.

La salle est rallumée et les hauts parleurs diffusent «On a tous en nous quelque chose de Tennesse» et «Merci Johnny» défile sur les murs.

Dans les coulisses Aznavour reçoit ses amis, il y a là Enrico Macias, des japonaises en habit, des journalistes, des hommes de la chanson, du cinéma.

Un concert en forme de pied de nez au temps qui passe.

Bon pour la tête est une association à but non lucratif, emmenée par un comité de bénévoles composé de Sarah Dohr (présidente), Geoffrey Genest, Yves Genier, Anna Lietti, Denis Masmejan, Patrick-Morier-Genoud, Jacques Pilet, Chantal Tauxe (ordre alphabétique).

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