Média indocile – nouvelle formule

# 23 juillet 2021

semaine n°29

Actuel

Crise anglophone au Cameroun: quand la médiation suisse peine à convaincre la population

Jean Charles Biyo’o Ella

Annoncées pourtant en grande pompe en juin 2019 par le Département fédéral des affaires étrangères suisse, les négociations entamées par la Confédération helvétique ont fini par doucher les espoirs des Camerounais et donner l’impression d’un échec. Aujourd’hui, l’on est retourné à la case de départ avec une spirale de violence sur le terrain, des contestations à l’international et des vagues d’arrestations des présumés séparatistes. La présence du président Biya à l'Intercontinental de Genève ces jours-ci a réveillé la colère de ses opposants de la diaspora.

Mardi 6 juillet 2021 au tribunal militaire de Yaoundé. Il est presque 18h30 quand quatre jeunes gens quittent le box des accusés. Ils appartiennent tous à la minorité anglophone qui représente 20% de la population camerounaise. Leur procès vient d’être reporté au 2 août 2021. Ils sont soupçonnés d’être des «amba-boys», ce nom revendiqué par les séparatistes camerounais en référence à leur Etat fantôme appelé l’Ambazonie, qu’ils défendent au prix des armes et du sang. Les «Amba-boys» sont des ennemis jurés de l’armée régulière qui les combat avec la dernière énergie. Chaque jour ou presque, les audiences impliquant les séparatistes se multiplient dans les tribunaux militaires du Cameroun. Ils sont pour certains condamnés à perpétuité, d’autres à dix ou quinze ans de prison ferme pour terrorisme et hostilité contre la patrie. Résultat d’une guerre sans merci qui oppose les sécessionnistes qui veulent obtenir l’indépendance et l’armée qui défend l’unité nationale. Lire la suite...


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« La crise sur le gâteau »

Une photo Lou Marchand