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Culture

Culture / Le mystère s’épaissit de partouze en partouze


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«George Profond», Léo Quievreux, Editions Le Monte-en-l’air, 144 pages.



Qui est George Profond? «C’est l’agent 00sex de la collection BD-Cul. En barbouze des partouzes, il n'égoutte que son courage pour écumer les parties chaudes en pleine guerre froide», annonce l’éditeur dans un texte de présentation farci de mauvais jeu de mots – il faut parfois se méfier des éditeurs. Le 36ème volume de la collection BD-Cul est tout à la fois plein de mystère et de scènes de partouze, ce qui va plutôt bien ensemble puisque l’avantage du sexe de groupe, c’est de ne pas forcément connaître avec qui on chose, ce qui est reposant. Une agente nommée Nikita – je crois – cherche l’agent George Profond à une époque évoquant la guerre froide. Il est difficile de déterminer pour quelles puissances ils travaillent mais visiblement ils opèrent dans le monde de la bourgeoisie dépravée, laquelle n’est pas plus sympathique que la bourgeoisie pudibonde. «Pourrions-nous aller droit au but? Comment pourrais-je prendre contact avec G?», demande Nikita à l’homme qui lui écarte les fesses. Les personnages de Léo Quievreux – pionnier de la «Nouvelle bande dessinée» dans les années 1990 – n’ont pas toujours de visage, ou alors des visages très déformés, et l’effet est probant: savons-nous nous-mêmes quels sont nos différents visages? A la fin de la bande dessinée une scène étrange a lieu: dans un décor bourgeois une voix off dit des cochonneries en allemand (leck mich in der Votze), c’est étonnant. «Le combat que se livrent en chaque individu le fanatique et l’imposteur est la raison pour laquelle nous ne savons jamais à qui nous adresser», raisonne George Profond tandis qu’il s’adonne au triolisme avec Nikita et un autre homme. Voilà: débrouillez-vous avec ça…

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