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CHRONIQUE / Migraine

Pic à glace, séparés à gauche et jouissance masculine

Ça se dispute ferme à gauche dans la campagne électorale vaudoises; à gauche de la gauche qui vire à droite, pour être précis. Même si la question des positionnements politiques peut sembler un peu compliquée, elle ne l'est pas plus que l’orgasme masculin, lequel est trop souvent confondu avec l’éjaculation. Méditons.

La semaine dernière, j’évoquai l’ennuyeuse campagne électorale vaudoise pour le remplacement de Pierre-Yves Maillard au Conseil d’Etat. On continue à y parler trop peu de politique, mais une distrayante polémique agite le POP et SolidaritéS. Leurs deux candidats n’ont aucune chance d’être élus, ce qui ne les empêche pas se tirer méchamment dans les pattes. «Anaïs Timofte, plutôt que de mener un débat sur des positions politiques, tente de dénigrer Jean-Michel Dolivo en le qualifiant de "politicien professionnel"» reproche SolidaritéS au POP (Parti Ouvrier Populaire) sur Facebook. Tandis que la popiste, dans La Liberté, explique: «on ne représente pas les mêmes milieux. Le POP représente les milieux populaires». Cette inimitié n’est pas si étonnante lorsqu’on se souvient que le POP fut stalinien et que SolidaritéS a des origines trotskistes. Tout ça va peut-être se terminer à coups de pic à glace.

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Et il est ardu de situer ces deux formations. Pendant longtemps, les spécialistes les qualifiaient de «gauche de la gauche», la gauche étant le parti socialiste. Depuis, le PS ayant poursuivi son atavique reptation vers la droite, comment faut-il appeler ceux qui sont restés à sa gauche? La gauche du centre gauche? Le quotidien 24 heures, lui, parle désormais de «gauche radicale». Ce qui peut prêter à confusion, car l’historique parti radical, de droite, a eu une aile gauche, mais pas celle-là. Ce qui complique encore les choses, c’est que SolidaritéS fait partie d’Ensemble à gauche, et relève, toujours sur Facebook: «Il est regrettable que depuis le mois d’août dernier, le POP Vaud se soit absenté des réunions d’Ensemble à Gauche». Les voilà donc séparés à gauche. A gauche de quoi?

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Heureusement, il n’y a pas que la politique. Il y aussi le sexe. Quoique là aussi ce soit parfois embrouillé, si l’on en croit Radio Canada, qui publie sur le Net un article titré «L’écart orgasmique, un fossé à combler pour l’égalité au lit». L’égalité dont il est question est celle de l’orgasme que les femmes hétérosexuelles atteignent moins souvent que leur partenaire masculin. «D’emblée, on priorise le plaisir masculin. Il faut que l’homme ait joui pour que ça compte comme une relation sexuelle. Si la femme n’est pas venue et que l’homme oui, on l’accepte très facilement», explique Léa Séguin, doctorante en sexologie de l’Université du Québec (tant d’années d’études pour découvrir ça, est-ce bien raisonnable?). Certes. Mais cette remarque part du principe erroné que l’homme jouit TOUJOURS lorsqu’il éjacule ou qu’il éjacule CHAQUE FOIS qu’il jouit. Je vous laisse méditer ça. C’est bon pour la tête.  

Comme la migraine.


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