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CHRONIQUE / Migraine

Spectacle électoral, Gilets jaunes suisses et illusion matrimoniale

D ans le canton de Vaud a lieu un semblant de campagne électorale qui verra la victoire de la bourgeoisie, tandis que le PLR suisse va chercher l’inspiration en Macronie et que l’institution du mariage est devenue un jeu télévisé.

La campagne électorale vaudoise est tout à fait ennuyeuse, du moins pour qui s’intéresse à la politique. Cinq candidats se présentent pour remplacer le socialiste Pierre-Yves Maillard au Conseil d’Etat. Trois d’entre eux sont purement décoratifs, deux seront présents au second tour: la socialiste Rebecca Ruiz et l’UDC Pascal Dessauges ─ et c’est la socialiste qui sera élue. De toute manière, que cela soit elle ou l’UDC, une fois de plus la bourgeoisie va gagner des élections faites sur mesure pour que perdure son règne. La rédaction de 24 heures déploie de touchants efforts pour créer un semblant de suspens, par exemple avec des titres comme «Choc frontal entre Rebecca Ruiz et Pascal Dessauges». Mais même en se donnant de la peine, les deux candidats ne parviennent pas à se trouver beaucoup de désaccords. Il faut dire que ni l’un ni l’autre n’a de projet politique, uniquement des considérations comptables concernant la gestion du budget de l’Etat et le niveau de pouvoir d’achat qu’il convient d’accorder aux pauvres.

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Les Libéraux-radicaux suisses se préparent quant à eux pour les élections fédérales de cet automne. Les futurs candidats ont été conviés à Neuchâtel pour être initiés aux ficelles, souvent très grosses, de la communication électorale (voir le reportage de la RTS). Pacôme Rupin (ça ne s’invente pas), député La République en marche, a été invité pour «raconter une expérience vécue pendant la campagne présidentielle» française aux PLR suisses. Chic! Si les libéraux-radicaux obtiennent une majorité en octobre au parlement en suivant l’exemple macroniste, nous aurons peut-être la chance d’avoir des Gilets jaunes helvètes en 2020. Ce qui serait plus intéressant, politiquement, que les élections vaudoises. 

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Pour me changer les idées, j’ai regardé Mariés au premier regard sur M6. C’est une formidable émission de téléréalité. Des hommes et des femmes peinant à trouver l’âme sœur confient leur dossier à des psychologues qui établissent des taux de comptabilité et forment des couples. Les mathématiquement potentiels époux se rencontrent ensuite pour la première fois à la mairie, où ils doivent, en quelques minutes, se dire oui ou non. Aux dernières nouvelles, une majorité des sept mariages télévisuels des deux premières saisons ont  fini par un divorce. Peut-être parce que, comme pour les élections, les pourcentages ne garantissent jamais la passion entre les partenaires.

Comme la migraine.


Bon pour la tête est une association à but non lucratif, emmenée par un comité de bénévoles composé de Sarah Dohr (présidente), Geoffrey Genest, Yves Genier, Anna Lietti, Denis Masmejan, Patrick-Morier-Genoud, Jacques Pilet, Chantal Tauxe (ordre alphabétique).

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