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CHRONIQUE / Migraine

La bourgeoisie de gauche remet ça, Brigitte Lahaie aussi et des tétons pointent

L e journaliste Laurent Joffrin veut redonner des couleurs à la gauche réformiste française. De son côté, Brigitte Lahaie a remis le couvert et tourné dans un film pornographique. Pendant ce temps, 20% des Français trouvent que lorsque les tétons sont visibles sous les vêtements, les violeurs ont des excuses.

En France, Laurent Joffrin lance un mouvement, Les Engagés, dans le but de raviver la gauche réformiste. Journaliste, directeur du Nouvel Observateur puis de Libération, Joffrin aime les choses un peu molles, c’est un vieil ami de François Hollande. Son mouvement peut déjà compter sur l’actrice Agnès Jaoui, l’écrivaine Mazarine Pingeot, le chanteur Benjamin Biolay, etc. Ce qu’on appelle la gauche caviar. Mais Laurent Joffrin reste lucide. «L'histoire de la social-démocratie est évidemment jalonnée de trahisons et de renoncements», a-t-il admis, selon le magazine Marianne. Or, «Qui a trahi, trahira», écrivait le même Joffrin dans Libération le 4 juin dernier. Il parlait alors d’Emmanuel Macron mais dévoilait déjà, en avant-première, le slogan de son nouveau mouvement. Ce que la bourgeoisie de gauche ne trahit jamais, ce sont les intérêts de… la bourgeoisie.

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Tandis que Laurent Joffrin, 68 ans, essaie de redonner des couleurs au cadavérique socialisme français, Brigitte Lahaie, 64 ans, tourne à nouveau dans un film pornographique. Cela faisait 25 ans qu’elle avait quitté l’industrie du porno, devenant notamment animatrice de radio. Le film s’appelle Une dernière fois, il est réalisé par Olympe de G., qui fait de la pornographie féministe. «C'est l'histoire qui m'a plu, le scénario, et puis j'ai un peu réfléchi... Je ne savais pas comment j'allais réagir, de me remettre nue devant une caméra!», a déclaré Brigitte Lahaie, selon Télé Loisir. Précisant avoir notamment été inquiète de «simuler l’orgasme». Simuler l’orgasme pour Une dernière fois: on dirait le programme du mouvement de Laurent Joffrin. 

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A propos de sexe, #Balance TonPorc et #MeeToo ont parfois créé la mauvaise humeur. Beaucoup de  messieurs – et quelques dames, dont Brigitte Lahaie – se sont plaints d’un mouvement «anti-homme», soupirant que la bonne vieille gaudriole était menacée, qu’une main aux fesses n’avait jamais fait de mal à personne, que la galanterie était brimée en même temps que le harcèlement, que Polanski était avant tout un grand cinéaste, que nom de Dieu si on ne peut plus dire aux filles dans la rue qu’elles sont bonnes autant devenir végétarien…  Une enquête IFOP analysant la pratique du No Bra – le non-port du  soutien-gorge ­– révèle que pour 20% des Français, «le fait qu’une femme laisse apparaître ses tétons sous un haut devrait être, pour son agresseur, une circonstance atténuante en cas d’agression sexuelle». 20%, c’est beaucoup: pour l’IFOP, ça «révèle l’ancrage de la "culture du viol" et des injonctions à la "pudeur" pesant sur les poitrines féminines». Contrairement au socialisme français, le patriarcat a encore de beau jour devant lui.    

Comme la migraine.

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