Média indocile – nouvelle formule

Lu ailleurs


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L’alllocution en visionconférence du Président Zelensky lors du récent sommet du G20 a été résumée par les agences de presse. Mais un passage est resté dans l’ombre. Il aurait pourtant de quoi faire sursauter à Genève. Le CICR y était attaqué sans ménagements.



Lu ailleurs? Où? Pas dans les médias habituels. Sur les pages officielles du gouvernement ukrainien, du CICR et de l’ONU. Des informations intéressantes dont chacun et chacune peut tirer ses propres conclusions.

Voici le mot à mot de l'allocution du Président Zelensky lors du sommet du G20. 

«I want to point out that we did not find support from the International Committee of the Red Cross. We do not see that they are fully fighting to gain access to the camps, where Ukrainian prisoners of war and political prisoners are held. Neither they are helping to find deported Ukrainians. This self-withdrawal is the self-destruction of the Red Cross as an organization that was once respected. We cannot wait.» («J’aimerais souligner que nous n’avons pas trouvé le soutien du Comité international de la Croix rouge (CICR). Nous ne voyons pas qu’ils s’engagent pleinement pour obtenir l’accès aux camps où sont détenus les prisonniers de guerre et politiques. Ils n’aident pas non plus à retrouver les Ukrainiens déportés. Cet auto-retrait est l’auto-destruction de la Croix rouge en tant qu’organisation autrefois respectée. Nous ne pouvons plus attendre.»)

Le CICR, déjà souvent critiqué à Kyiv, a pris les devants sur son site. Il rappelle ses efforts pour tenter de rendre visite à tous les prisonniers, dans les deux camps. Mais souligne que ce sont les autorités des pays impliqués qui doivent appliquer ce droit. Et elles ne le font que très partiellement. «Reprocher au CICR de se voir refuser un accès complet et immédiat n’aide ni les prisonniers de guerre, ni leurs familles. Dans tout conflit armé international, les seuls à pouvoir réellement changer la donne pour ces prisonniers sont les Etats impliqués et les autorités détentrices. C’est à eux qu’incombe l’obligation de les traiter avec humanité, conformément aux Conventions de Genève, ainsi que d’accorder au CICR l’accès à chacun d’entre eux.»

La grande enseigne humanitaire dispose en Ukraine et dans les pays qui la jouxtent d’environ 400 collaborateurs, internationaux et locaux. 11 d’entre eux se trouvent à Donetsk (sous contrôle russe), est-il précisé. Cette équipe «se tient prête à visiter tous les prisonniers de guerre détenus dans la région, y compris au centre pénitentiaire d’Olenivka. Elle a pour mission d’évaluer les conditions d’internement et le traitement réservé aux détenus, de livrer des fournitures essentielles et de s’assurer que les prisonniers de guerre peuvent contacter leur famille.» Aucun chiffre n’est donné quant au nombre des détenus qui ont pu effectivement bénéficier de ce soutien.

Autre information actuelle qui n’a guère eu d’écho. La directrice du département humanitaire de l’ONU en Ukraine (Human rights monitoring mission), Matilda Bogner, vient de publier un rapport accablant pour les deux parties au conflit. Ses représentants ont pu s’entretenir avec 159 détenus, dont 20 femmes, du côté des Russes et des séparatistes. Et avec 175 prisonniers du côté ukrainien. 

Chez les Russes, quasiment tous ces malheureux ont raconté les violences, les tortures et les humiliations subies. Les femmes n’étaient pas épargnées. Quelques-unes ont dit avoir été battues, soumises à des secousses électriques, menacées de sévices sexuels et forcées de se déplacer nues dans la prison. Côté ukrainien, guère mieux. Coups, interrogatoires violents, avec l’usage d’électrochocs au moyen d’un téléphone militaire spécial, dit «TAPik», particulièrement craint par les détenus. Rares sont ceux qui ont pu communiquer avec leurs familles. L’ONU a aussi recueilli sur place des «allégations plausibles» concernant des exécutions sommaires de prisonniers.

L’horreur de la guerre en face.

VOS RÉACTIONS SUR LE SUJET

4 Commentaires

@simone 18.11.2022 | 17h40

«Merci de rappeler cette double horreur qui devrait inciter plus que jamais l'OTAN (M. Biden) et l'Union européenne à travailler à un cessez-le feu.
Suzette Sandoz»


@Spark 19.11.2022 | 23h47

«J'ai l'impression que son étoile commence à faner, depuis qu'il a tardé à reconnaitre que le missile tombé en Pologne prévenait d'un tir ukrainien. Les Occidentaux ont dû passé le mot aux médias grand public pour le montrer niant l'évidence pendant plusieurs jours pour le casser un peu. Toutes les créations de laboratoires des services spéciaux américains finissent par tourner mal. »


@willoft 20.11.2022 | 01h31

«On avait pu croire que ce micro-média avait plus...
Làs, tous de vieux journaleux sclérosés
Tous, si, si, si!!»


@Mandarine 24.11.2022 | 15h23

«Zelinsky s'est trompé, cela n'enlève rien à son courage,ni au peuple ukrainien, qui a le droit de défendre son territoire,sa culture et son mode de vie!
Les dommages de la guerre sont évidemment des deux côtés... mais peux-t'on envisager que Poutine annexe l'Ukraine et après....
Il dansera sur le ventre de l'Occident...»


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