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Lu ailleurs / Jusqu'au-boutisme

Est-il du devoir du Vert de vouloir interdire les chiens?

A quoi cela reviendrait-il de sauver le climat sur fond d’interdictions? La NZZ am Sonntag s’est prêtée au jeu de l’expérience de pensée. Petite plongée dans un monde sans chien ni piscine intérieure.

950 kg d’équivalent CO2: voilà la quantité de dioxyde de carbone et autres gaz à effets de serre qu’émet un chien de taille moyenne - un Labrador de 28 kg par exemple - chaque année. C’est Niels Jungbluth qui le dit. L’homme dirige l’entreprise ESU-services, spécialisée dans les bilans écologiques. Cette grosse pollution par unité de chiens est causée principalement par sa forte consommation de viande, mais aussi par la quantité d’eau nécessaire à son nettoyage, les trajets en voiture que fait son propriétaire pour se rendre chez le vétérinaire ou en forêt. Bref, le chien est un grand pollueur. Satan, autrement dit.

Si l’on prend en compte, comme nous le rappelle la presse dominicale zurichoise, qu’un être humain émet en moyenne 14 tonnes d’équivalent CO2 par an, cela veut dire que quinze chiens sont autant nuisibles pour le climat qu’une tête de pipe. Imaginez alors quel geste admirable pour l’environnement nous ferions en interdisant la race canine sur le territoire suisse! Cette éradication spéciste engendrerait un bénéfice écologique facilement quantifiable: un demi million de clebs en moins et c’est 477 400 tonnes d’émissions polluantes d'envolées. CQFD.

«Si on interdit les chiens, on obtient le même effet que si tous les habitants de la ville de Bâle respectaient déjà la Convention de Paris», ose ironiser la NZZ am Sonntag, que rien ne semble arrêter, puisqu’on y apprend ensuite cette information capitale:  «d’après l’étude d’ESU-services, les animaux domestiques suisses sont responsables d’émissions de gaz à effet de serre de 1,3 million de tonnes d’équivalent CO2. Cela correspond à 1,12% de toutes les émissions liées à la consommation en Suisse.» Soit le même impact qu’une virée Easyjet à Majorque ou Malaga. Un petit pas pour la mort aux rats, un grand pas pour le climat.

Impact écologique de la population animalière suisse, en tonnes équivalent CO2. © NZZ am Sonntag

Et ce n’est pas tout: au-delà des bestioles, les piscines d’intérieur et autres saunas consomment à tire-larigot. Selon les informations du journal alémanique, aucun établissement de bains n’a publié à ce jour un bilan global. Et ne parlons pas du vin: en Suisse, où l’on en consomme beaucoup, plus de 400 000 tonnes de CO2 pourraient être évitées si l’on venait à avoir cette idée folle de prohiber la dive boisson.

Merci à la NZZ pour cette expérience de pensée dominicale qui tombe d’autant plus au bon moment que Le Temps publiait mercredi une étude de l’Observatoire des élites suisses (OBELIS) montrant que les Verts sont le parti à compter le plus d’élus et électeurs urbains, aisés, aux hautes formations - et, pourquoi pas, adeptes de thermes de luxe, d’animaux de compagnie à n’en plus compter et de grands crus du coin…


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Jonas Follonier

Etudiant, journaliste et musicien, Jonas Follonier est le rédacteur en chef de la revue mensuelle «Le Regard Libre», ...

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