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ACTUEL / Etats-Unis

Le moustachu qui veut entraîner l’Europe dans la guerre

C e moustachu à la mine souriante, nous ferions bien de l’avoir à l’œil. John Bolton est conseiller à la sécurité nationale des Etats-Unis. Ce proche de Trump a organisé une étrange conférence dite sur le Moyen-Orient (en fait une recherche d’alliés pour les pans de guerre contre l’Iran), à Varsovie. Pourquoi? Parce que la Pologne n’a rien à refuser aux Etatsuniens qu’elle supplie d’installer une base permanente sur son sol. Les autres Européens boudent plus ou moins ouvertement ce raout promis à l’échec. Non sans raison.

Etouffer l’Iran sous les sanctions, brandir des menaces de guerre, c’est évidemment le plus sûr moyen d’y renforcer les durs de chez durs sur la scène politique de Téhéran, où l’équipe en place est raisonnable et veut appliquer l’accord conclu avec les Occidentaux sur le nucléaire. Mais les hommes de Trump n’en ont cure. Il leur faut «une bonne guerre». Contre les Russes, c’est délicat, ils sont diablement armés. Dangereux d’aller trop loin. Il faut de préférence, dans l’optique des militaristes américains, taper sur un pays faible ou jugé tel. Quelques missiles sur l’Iran… voilà qui ferait du bien à l’industrie de l’armement. Mais pour cela, il faut que l’opinion publique suive. Il y a des gens qui savent faire ça. 

Parmi eux, John Bolton, le moustachu. Il était à l’oeuvre dans les coulisses du pouvoir en 2003 quand Bush lança l’offensive contre l’Irak en bombardant le public de fake news avant de le faire dans un déluge de feu. Cette guerre catastrophique, on le sait, a créé un chaos qui perdure jusqu’à aujourd’hui dans toute la région. C’est sur ce champ de ruines qu’est né le funeste Etat islamique. 

Et cela recommence. Les expériences tragiques de l’Afghanistan, de l’Irak, de la Libye, l’appui aux rebelles islamistes en Syrie… Tout cela n’a pas servi de leçon. Bolton et ses amis veulent une nouvelle guerre.

Qui les en empêchera? Les Européens? En 2003, la France et l’Allemagne se sont opposés à l’invasion américaine de l’Irak, cela n’a pas suffi. Les Nations Unies? Elles aussi avaient refusé le feu vert. En vain. Ce n’est pas pour rien que John Bolton ne cesse de pourfendre l’ONU, le Tribunal pénal international et toute organisation internationale. 

Son autre dada, ces jours-ci, c’est faire miroiter une intervention armée au Venezuela. Le manipulateur s’est fait photographier avec un carnet de notes bien en vue où l’on lisait: «5000 hommes pour la Colombie». A envoyer chez Maduro bien sûr. De la révolte bien compréhensible d’un peuple contre ses dirigeants pseudo-révolutionnaires, le moustachu aimerait bien passer au stade du grabuge impérialiste dans la vieille tradition.

Le seul frein efficace à l’appétit belliqueux des néo-conservateurs américains et du lobby de l’armement, c’est l’opinion publique aux Etats-Unis. Trump, moins fou qu’il n’y paraît, sait que ses électeurs ne sont pas des va-t-en-guerre. Son conseiller moustachu aura de la peine à le convaincre de passer à un conflit militaire direct avec l’Iran, dangereux à maints égards au vu de la géographie et des rapports de force mondiaux. On n’en est pas encore là. Mais pas loin. 

Bon pour la tête est une association à but non lucratif, emmenée par un comité de bénévoles composé de Sarah Dohr (présidente), Geoffrey Genest, Yves Genier, Anna Lietti, Denis Masmejan, Patrick-Morier-Genoud, Jacques Pilet, Chantal Tauxe (ordre alphabétique).

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