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ACTUEL / ANDALOUSIE

L’extrême-droite revendique le machisme

L a poussée du nouveau parti d’extrême-droite andalou Vox a fait une percée aux dernières élections de cette région autonome (8,4 millions d’habitants). Rien d’étonnant, a-t-on beaucoup dit, avec l’arrivée des migrants sur ces côtes. Comme ailleurs, c’est un de ces sujets. Mais deux autres apparaissent davantage dans les discours. D’abord un refus passionné de l’indépendantisme catalan. Et la révolte contre les lois dites de genres, pour la protection des femmes et des homosexuels.

Le parti socialiste (PSOE) règne sur cette province depuis plus d’un quart de siècle. Il est sorti en tête des urnes (28 % des voix) mais n’a pas trouvé de majorité pour gouverner. Cette semaine sera donc élu un président de droite (du PP, 21% des voix), Juan Manuel Moreno, allié au parti de centre-droit Ciudadanos (18%) et à Vox (11%). La coalition a suscité de vives protestations chez ceux qui réclament un «cordon sanitaire» isolant l’extrême-droite. Et aussi chez les femmes. Qui ont prévu des manifestations pour dire leur colère.

Il faut dire que ces derniers temps, les porte-parole de cette nouvelle formation ont bruyamment revendiqué leur machisme. Partis en guerre contre le «djihadisme de genres», contre les lois sur la violence domestique, sur le harcèlement, sur les droits des homosexuels. Avec en prime le souhait de déroger à la loi nationale sur l’avortement, son exclusion des prestations sociales, sinon son interdiction.

Cette minorité a négocié son apport décisif pour constituer une majorité. Vox a exigé du PP de le rejoindre sur certains de ces points. Ce que la droite a fait aussitôt en assurant qu’elle pèserait de tout son poids dans la procédure encore en suspens devant le tribunal constitutionnel sur la question de l’avortement.

On a cru que le populisme en Europe se nourrissait d’abord de la peur des migrants et du rejet de l’UE. Trop simple. Il se dessine dans ces formations une idéologie rétrograde dans les domaines des mœurs dont il est trop peu tenu compte dans les analyses. Le cas andalou en apporte une illustration caricaturale.

Bon pour la tête est une association à but non lucratif, emmenée par un comité de bénévoles composé de Sarah Dohr (présidente), Geoffrey Genest, Yves Genier, Anna Lietti, Denis Masmejan, Patrick-Morier-Genoud, Jacques Pilet, Chantal Tauxe (ordre alphabétique).

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