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Actuel / Greta Thunberg: l’envers du décor

Jonas Follonier

7 février 2019

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La Suédoise Greta Thunberg est devenue un symbole de la lutte pour sauver le climat. Pourtant, derrière cette fille surmédiatisée, se cache une start-up, «We don’t have time». Bon pour la tête s’est intéressé à des indices permettant de dessiner un lien clair entre cette entreprise «pour la bonne cause» et la jeune Suédoise.



Quand on assiste aux interventions de Greta Thunberg, on ne peut s’empêcher de remarquer aussitôt son côté attachant, mais aussi son aisance langagière, son assurance, alors même que c’est une mineure et une fille légèrement autiste qui s’adresse à l’ONU ou au World Economic Forum. La jeune Suédoise en jette par le caractère mature et direct de ses propos. Omniprésente dans les médias ces dernières semaines, elle est devenue pour beaucoup le porte-parole du combat pour le climat devant prendre la forme d’une pression auprès des puissants.

Une anguille sous roche?

Derrière la conviction de cette fillette qui ne peut que nous toucher, n’y aurait-il pas cependant un système caché et responsable de cette vitrine médiatique? Cette crainte s’avère justifiée quand on s’intéresse au site internet de la start-up suédoise «We don’t have time». Son responsable marketing et développement durable Mårten Thorslund – comme l’a relevé Nicolas Casaux sur le site Le Partage dans son papier «Quelques remarques sur Greta Thunberg et Extinction Rebellion» – est la personne qui a pris les première photos de Greta ayant fait le tour du Web. Cette start-up visant à sauver le climat en agissant sur les réseaux sociaux à l’international tirerait-elle les ficelles de la jeune convaincue et de sa médiatisation?

Nicolas Casaux mentionne un autre élément qui peut nous faire pencher vers l’affirmative: l’un des principaux fondateurs de la start-up, Ingmar Rentzhog, a été formé par l’ONG «The Climate Reality Project», qui a pour objectif de donner des clefs de rhétorique et de persuasion pour sensibiliser un public au développement durable. Le fondateur de cette ONG? L’ancien vice-président des Etats-Unis Albert Arnold Gore Junior, dit Al Gore. Outre ce parfum qui fait écho à l’aisance de Greta, il se trouve que la jeune fille a partagé une photo sur Twitter la montrant aux côtés d’Al Gore. On peut d’ailleurs profiter de faire une moyenne du nombre de twitts quotidien de cette adolescente de seize ans: entre 5 et 10.

Par ailleurs, la mère de Greta, une chanteuse d’opéra à succès, est signataire d’un plaidoyer pour «une économie à faible émission de carbone» aux côtés d’un certain… Ingmar Rentzog. Nous y revenons. Loin de rendre illégitimes les craintes exprimées par la jeune Greta, ces informations permettent cependant de mettre en lumière la face insidieusement camouflée de ses interventions dont on ne retient que la dimension spontanée et héroïque. Sur le site de «We don’t have time», Greta n’est pas mise en avant du tout: il faut aller fouiner dans l’onglet vidéo pour la voir apparaître, discrètement, dans le quinzième document. Et sa fonction de «conseillère spéciale jeunesse» relevée par Nicolas Casaux dans l’article susmentionné semble avoir été radiée du site.

VOS RÉACTIONS SUR LE SUJET

8 Commentaires

@Pepe 07.02.2019 | 12h57

«« la face insidieusement camouflée de ses interventions' dont on ne retient que la dimension spontanée et héroïque » ça ne serait pas simplement une excellente stratégie de communication en langage marketing p.e. ? Utiliser contre lui les propres outils d’un système délétère pour le climat Moi je dis BRAVO ! »


@Pascale Madelon 08.02.2019 | 08h11

«Je suis assez déçu par ces propos.
En quoi le fait qu'une militante soit proche d'autres militants raconte quelque chose sur une éventuelle manipulation ou instrumentation ?
Que sa famille soit militante ne veut pas dire non plus qu'elle serait pilotée.
Dire qu'elle est "légèrement autiste" apporte par contre un élément d'explication pertinent à son aisance langagière. Notamment pour des discours préparés d'avance. Mais vous utiliserez cet argument pour augmenter la suspicion à son égard alors qu'il est un élément d'explication à ses grandes connaissances, sa maturité et son impressionnante détermination.
Elle a 16 ans et milite depuis plusieurs années. Contacter Al Gore et le rencontrer ou se lier à une ONG vous paraît donc hors de portée sans être utilisé? »


@Lagom 14.02.2019 | 07h49

«@Pascale M., il n'y a pas de problème qu'un telle personne soit proche d'une telle organisation. Le problème est de le cacher au public, car il y a des enjeux politiques & économique, et un risque de la manipulation d'une masse humaine planétaire. Bravo le journaliste !

J'espère que votre prochaine enquête serait sur Operation Libero qui semble avoir comme mission d'affaiblir l'UDC et le rapprochement de l'UE, façon Georges Soros.
»


@gillpi 01.03.2019 | 14h34

«Quel est le problème ?
En quoi ces liens rendent-ils ses positions moins crédibles ?»


@automne 19.03.2019 | 12h13

«Votre article, bien qu'intéressant, laisse supposer qu'une enfant ne peut pas avoir des idées et des convictions. Evidemment que les adultes l'aident! On serait naïf de penser l'inverse. Comment a-t-elle payé le train? Faut bien qu'elle soit entourée. Mais un enfant, même le mieux entouré qui soit, n'est pas automatiquement capable de faire ce qu'elle fait. Il faut une envie et une conviction profonde pour oser s'adresser en direct aux responsables politiques et économiques du monde. Chapeau à elle!
»


@Mataji 23.03.2019 | 10h20

«Enfin un journaliste qui ne bêle pas avec les moutons à défaut de hurler avec les loups. Félicitations! Votre article dévoile l'envers du décor. C'est plutôt rassurant de découvrir qu'il y a un décor..... que Greta n'est pas une nouvelle Jeanne d'Arc sortie de rien.»


@willoft 25.09.2019 | 11h14

«Et alors?
Vous utilisez les mêmes arguments, puisés ailleurs et sortis d'analyses empiriques, pour dénigrer un phénomène!
Qu'elle ne réalise pas ça toute seule est un secret de polichinelle.

Essayez de faire la même chose dans votre domaine, les médias!»


@vladm 03.10.2019 | 19h40

«Intéressant de voir en effet l'envers du décor.
Je suis content et fier d'elle si elle est entourée par des gens qui partagent ses préoccupations et lui donnent des éléments de réflexion et de connaissance.
Pourtant ce qui est choquant c'est de voir tous ceux qui la critiquent, parce qu'elle a mangé un sandwich emballé dans du plastic ou bu dans une bouteille en PET à usage unique. C'est probablement tellement rassurant de la dénigrer au lieu de, comme elle le dit si bien "listen to the scientists".
Son autisme lui aide à être sans filtre dans sa rhétorique, de ne pas avoir peur de ménager ses interlocuteurs, d'où son style direct et percutant, probablement même que c'est en lien avec de faibles compétences sociales (voire par exemple Daniel Thammet).
S'il y a une seule vertu qu'on doit lui laisser, c'est d'avoir été le "grain de sable" qui est devenu une gigantesque vague qui a réuni 100'000 (chiffre non confirmé) personnes pour une manifestation à Berne samedi passé, comme des millions au total dans le monde.
Mais surtout, grâce à elle, ses twit et surtout ce mouvement planétaire, les politiques ont commencé à agir, le Conseil des Etats a été courageux, tous les partis - sauf celui qui nous dégoûte avec une pomme véreuse - ont couru acheter du vernis vert pour se donner l'image qui sied.
On espère que le changement sortira des urnes le 20 octobre.
Dans sa suite, de très nombreux jeunes osent dire "we are watching You" et ne baisseront pas la pression pour que les promesses soient tenues.»


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