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ACTUEL / TELECOMS

Chez Swisscom comme au souk

L e géant des télécoms se bat contre une concurrence devenue vive. Mais il maintient des prix exorbitants pour la TV, l’internet et le téléphone fixe. Ce qui donne lieu à de curieux marchandages avec les clients fâchés. Drôles de moeurs pour une entreprise publique.

Vous vous rendez compte que votre facture est lourde: 150.- par mois pour le net à haut débit, la télé et le téléphone fixe que vous n’utilisez plus guère. Vous vous frottez les yeux quand vous remarquez que Salt offre les mêmes prestations, avec encore plus de puissance sur le réseau: 50.- par mois, 40.- si vous avez un portable de cet opérateur. Alors vous faites le pas, vous résiliez votre abonnement Swisscom… qui vous appelle aussitôt dans l’espoir de vous retenir. A la manière des vendeurs de tapis au souk. «Pars pas, mon ami, je te fais un prix spécial, et en plus je te fais un cadeau, c’est pour toi…» L’aimable correspondant propose de baisser un peu le tarif. Et propose une prime de fidélité. Dans mon cas: 700.- de crédit! Mais à condition de signer un contrat pour deux ans. Et attention: si vous ne donnez pas suite à cette proposition, la résiliation ne se fait pas automatiquement dans le délai annoncé de deux mois. Et vous devrez peut-être appeler à nouveau pour que les factures n’arrivent plus alors que vous avez démonté leur box et installé la nouvelle. Qui donne toute satisfaction. Les 10 giga du net sont très rapides. L’offre de programmes TV plus abondante encore que chez Swisscom, y compris, pour le prix de base, des chaînes payantes en supplément dans la grande maison. Mais pas de radios. Seul regret: la télécommande Apple TV est peu pratique, mais une autre, plus classique, est disponible pour 20.- 
Longtemps Swisscom a bénéficié d’une situation de quasi monopole. La marque est un devenue un des piliers de l’identité helvétique, avec Migros et Coop. Avec un immense capital de confiance… qui est en train de se défaire. Le nombre des abonnés privés ne cesse de diminuer. Les pannes se multiplient. A la veille du symposium de Davos, plusieurs services furent interrompus pendant une heure… causant même des problèmes, c’est piquant, aux Forces aériennes suisses! Panne encore lors de la transmission du Super Bowl américain qui a frustré les nombreux fans de ce show. 
Cela n’empêche pas le grand patron de Swisscom, Urs Schaeppi, de se montrer content de lui (salaire: 1,76 million) et ambitieux. Le chiffre d’affaires est pourtant en baisse, comme depuis plusieurs années (-2,2 %), à 11,45 milliards.  Mais le bénéfice de 2019 sera en hausse: atteignant 1,5 milliards de francs. Pourquoi? Grâce à la nouvelle taxation des entreprises. De vastes plans sont en cours: pour généraliser la 5G contre vents et marées et pour étendre le réseau de fibres optiques jusque dans les campagnes. 
Au plan commercial, l’accent est mis sur l’offre dite inOne, un paquet modulable selon la rapidité du net. La page d’accueil insiste beaucoup sur les «économies». Un examen attentif révèle cependant que le prix de vos communications électroniques restent, sous cette enseigne, deux à trois fois plus cher que chez la concurrence.
A vous de voir.

Bon pour la tête est une association à but non lucratif, emmenée par un comité de bénévoles composé de Sarah Dohr (présidente), Geoffrey Genest, Yves Genier, Anna Lietti, Denis Masmejan, Patrick-Morier-Genoud, Jacques Pilet, Chantal Tauxe (ordre alphabétique).

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