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A VIF / Exposition

Le télévernissage de Poussin

L es restrictions et les précautions imposées par le coronavirus ont encouragé la galerie lausannoise RichterBuxtorf à organiser un vernissage original pour la belle exposition du dessinateur et peintre genevois Gérald Poussin. Les visiteurs ont trinqué, qui a Genève, qui à Lausanne, New York, Paris ou Marseille…

Dans le monde de la culture, le vernissage est un rite bien codifié. Il s’agit de célébrer le début d’une exposition, la sortie d’un livre, la première d’un spectacle… L’artiste est là, il reçoit ses amis, ceux de son galeriste ou de son éditeur, les représentants des médias, les acheteurs fidèles, parfois quelques politiciens désireux de montrer leur intérêt pour l'art.

Il y a toujours un aspect cocktail à un vernissage, on vient y voir des œuvres mais aussi s’y montrer, on vient saluer l’artiste mais aussi des connaissances, des membres de notre microcosme. C’est souvent sympa, parfois un peu mondain.

Le coronavirus a semé le trouble ici comme dans d’autres manifestations de notre sociabilité et les acteurs du monde de la culture ont dû trouver des parades. Les galeristes lausannois Gilles Richter et Régine Buxtorf ont ainsi organisé, jeudi passé, un double vernissage pour la nouvelle exposition qu'ils présentent, celle de l’artiste genevois Gérald Poussin.  

In situ et online

Il y avait d’une part un vernissage presque normal, à la galerie, Avenue William Fraisse, à Lausanne. Presque normal parce que les visiteurs ne pouvaient pas être plus de trente en même temps dans les locaux, mais aussi parce que Gérald Poussin n’était pas physiquement là, mais chez lui, à Genève, en visioconférence avec les visiteurs. Et il y avait, d’autre part, un vernissage virtuel, avec des visiteurs qui, comme l’artiste, sont restés chez eux et ont communiqué avec les autres invités via leur ordinateur.

Cela a donné des scènes assez cocasses, avec des gens trinquant dans leur salon et se demandant qui était telle personne masquée déambulant dans la galerie, ou nouant d’étranges dialogues à distance: «C'est qui? C'est toi?». Finalement, comme dans un vernissage normal, les gens se sont salués amicalement ou ignorés, et moi je me suis vite ennuyé.

Visite virtuelle de l'exposition depuis le site internet de la galerie.

Plus de visites que lors d'un vernissage normal

Qu’ont pensé les galeristes de cette expérience, qui a réuni au total septante personnes dans la galerie et cent trente autres via Facebook ou la visioconférence? «Du point de vue de la fréquentation, c’est une réussite, se réjouit Gilles Richter. Nous avons touché plus de monde que lors d’un vernissage normal. Des visiteurs se sont branchés depuis la Suisse, bien sûr, mais également depuis Saint-Etienne, Lyon, Paris, Marseille, Boston, New York, Québec…»

Et l’artiste, qu’en dit-il? «Il a trouvé ça drôle et super, malgré son âge, sourit Gilles Richter (Poussin a 74 ans, ndlr.). Il m’a dit n’avoir reçu que des compliments sur l’exposition et la possibilité de la visiter virtuellement».

Gérald Poussin a assisté au vernissage de son exposition depuis chez lui. D'où il a dialogué et trinqué avec les visiteurs par le biais d'un système de visioconférence.

Une expérience qui sera renouvelée

Techniquement, l’expérience fut instructive pour y-en-a.com, la société de Gilles Richter qui a managé l’aspect technique de l'opération. «Des gens ont eu de la peine à activer la caméra, certains n’ont pas réussi à se connecter. Nous allons améliorer tout ça. »

Surtout qu’il est déjà prévu que y-en-a.com s’occupe du vernissage virtuel de Bex & Art, la triennale de sculpture contemporaine en plein air, en juin, et organise celui d’un des artistes mythique de la galerie RichterBuxtorf, le français Armand Avril.  

En attendant, les amateurs de l’œuvre de Gérald Poussin pourront bientôt revoir un montage de la version Facebook du vernissage.

Surtout, ils peuvent visiter la belle exposition, et même acquérir une des œuvres exposées, sans même avoir à quitter la quiétude de leur salon ou de leur bureau. Après le télétravail, voilà le télévernissage et la télévisite des expositions.


Visiter virtuellement l’exposition de Gérald Poussin 

Le site de la Galerie RichterBuxtorf

 

L'affiche de l'exposition de Gérald Poussin à la galerie lausannoise RichterBuxtorf.

 

Une des œuvres exposées: «Carouge lendemain de vogue», 2003, acrylique sur toile, 120x100 cm.

Une autre des œuvres exposée: «Les Nhyponponcondriak», 2014, encre et aquarelle sur papier, 40x30 cm.

Bon pour la tête est une association à but non lucratif, emmenée par un comité de bénévoles composé de Sarah Dohr (présidente), Geoffrey Genest, Yves Genier, Anna Lietti, Denis Masmejan, Patrick-Morier-Genoud, Jacques Pilet, Chantal Tauxe (ordre alphabétique).

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