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Coronavirus et politique / Lettre ouverte à Alain Berset


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Monsieur le Conseiller fédéral Alain Berset, Mesdames, Messieurs les autres Conseillers fédéraux,

Nous nous permettons de compléter notre courrier de mai 2020 par quelques observations qu'inspirent les mesures dites de sécurité qui nous sont imposées.

A force de lectures philosophiques, nous avions fini par nous convaincre que nous allions décéder une fois ou l'autre, et que même nous étions plus près du crématoire que de la salle d'accouchement.

Curieusement cette conscience ne nous a pas poussés à nous barricader dans nos appartements.

Est apparue au contraire, comme fugacement déjà à l'occasion de quelques funérailles, l' urgence de vivre, de réunir nos amis, de saluer nos voisins.

Mais voilà , nos démocraties avachies ont trouvé l' ennemi rassembleur derrière lequel nos généraux politiques bombent le torse et montent au front. L'état de guerre contre le virus a été décrété. Sirènes et tocsins n'ont plus cessé leurs mugissements depuis une année. Prohibition généralisée, pas de visites, pas de restaurants, pas de spectacles, pas de sports, pas de chants, tous aux abris, alignés couverts.

Les plus âgés d' entre nous en ont fait les frais déjà, retenus sous étroite surveillance dans des d' établissements qui n' ont plus grand-chose à envier aux pénitenciers ordinaires. Leur avis importe peu. Les autorités médico-légales s'en moquent.

Sans le moindre souci de notre qualité de vie, et au nom d'un délire sécuritaire porté à son paroxysme, on s' acharne à prolonger nos existences, fût-ce de quelques mois, fût­ ce au prix de la ruine de notre économie et de nos relations avec les vivants.

Avons-nous affaire à la peste ou à quelque autre fléau du même acabit, ravageant villes et campagnes, et décimant les populations?

L' illusion en est donnée certes: Les courbes sont affolantes! La maladie est terrible! La Suisse compte ses morts! Les nouveaux cas explosent! Les mutants nous envahissent!

Et pratiquement rien, ni dans votre bouche ni dans les media, pour dénoncer ces représentations abusives de la maladie et la véritable imposture des analyses balancées au public.

Nous sommes devenus chèvres au point de ne même plus prendre la peine d'aller voir les chiffres. Fussent-ils officiels et confédéraux.

On a dénombré en 2020 environ 7000 personnes décédées avec le Covid. Sur ce nombre, plus de 6000 avaient dépassé (et très largement pour la plupart) leur très officielle «espérance de vie». Presque tous étaient très affaiblis ou souffraient d' une ou de plusieurs autres pathologies sévères. Avez-vous songé qu'avec ou sans virus il nous arrivait encore de mourir de vieillesse?

En 2020 toujours, les AVC, les cancers, la démence, le diabète, les accidents et les autres maladies fédéralement répertoriées ont fait 63 000 morts. A en croire les analystes, une vaste proportion de ceux-là sont directement ou indirectement liés à la surexploitation de notre planète, à l'usage phénoménal de toxiques en tout genre dans nos agro-cultures, et à la pollution généralisée de notre biotope. Observons que ces excès et abus sont largement induits par la nécessité d'abriter et de nourrir une population en croissance exponentielle. De fait nous pullulons. La population suisse et mondiale a doublé en une vie d'homme. Qui peut encore se cacher que l'explosion démographique est le plus grand obstacle à la mise en œuvre d'un concept de développement durable?

Et pourtant l'ennemi No1, le terrible fléau, reste Sir SARs-CoV. Il est arrivé à point nommé pour occulter très efficacement les vrais problèmes et menaces...

Et comment l'attaque-t-on?

Par le port d'un masque chirurgical bleuté (alternativement d'un string accroché derrière les oreilles) et par le confinement. Deux mesures dont même l'OMS a souligné l'inefficience. Ni l'une ni l'autre n'ont mis à l'abri de la contagion.

Et c'est à peine si l' on commence enfin à traiter les malades avec l'un ou l'autre des protocoles, pourtant simples, qui diminuent substantiellement la charge virale des patients et permettent de réduire le nombre des entrées aux urgences hospitalières.

Par contre on sape allégrement depuis une année des pans entiers de notre économie, on fabrique des pauvres, des assistés et des dépressifs à tour de bras, on fragilise les familles, on maltraite les aînés, on culpabilise et infantilise à tout va, en poursuivant et en entretenant l'illusion que l'on combat quelque gigantesque peste.

La raison chancelle devant certaines des plus ahurissantes aberrations ou incohérences mises en place.

Par peur du dernier mutant observé, on décrète à l'arraché et sans préavis l'interdiction de tous les vols en provenance du Royaume-Uni, bloquant sur place des milliers de Suisses, pour faire machine arrière dix jours plus tard, et bénir ces mêmes vols. Alors que le mutant n'a en rien disparu. Et sans que la moindre directive ou mise en garde ne soit donnée à l'arrivée.

On ferme tous les commerces «non essentiels» en détournant pudiquement les yeux des amas de consommateurs ainsi générés dans les points de vente ou les stands restés ouverts.

On laisse fonctionner nos entreprises, par peur de nouvelles compensations financières à octroyer, et on feint d'ignorer l'entassement des travailleurs dans les transports en commun.

Très affairés à définir quels sont les produits ou rayons encore accessibles à la vente, on impose à nos commerces et à leurs clients d'extraordinaires distinguos entre le spray de peinture rouge, la laisse pour chien, et le tapis de voiture en sisal, au point que les plus placides des gérants sentent leur équilibre mental chavirer.

Les librairies (hauts lieux de contagion??), sont fermées. La vie associative est interdite. Les artistes sont priés de rester au lit.

Malgré toutes les mesures de précaution et de distanciation qu'ont mises en place des aubergistes responsables et disciplinés, on torpille pour la deuxième fois tout le secteur de la restauration ... mais on ouvre les bordels!

Pour le dire sans détour, nous sommes fâchés.

Fâchés d'être en butte du matin au soir à des mesures tracassières, mal pensées, incohérentes ou disproportionnées. D'avoir les oreilles rebattues de projections alarmistes, sans fondement et souvent mensongères. D'apprendre que malgré ces mêmes projections alarmistes, on n'a pas augmenté d'une unité le nombre de lits aux soins intensifs. Fâchés de constater l'incurie des mesures de traçage, mal conçues et inefficaces, et, plus encore, l'incurie des soins aux malades testés positifs alors qu'existent des protocoles médicaux simples pour enrayer la péjoration de leur état.

Vous n'avez pas gouverné beaucoup depuis quelques mois.

Le masque dans une main et le confinement dans l'autre, vous nous jouez en incohérence majeure le seul spectacle public encore autorisé: une symphonie moins réussie que la composition originale de Monsieur Beethoven. Mais tout aussi pathétique.

Nous vous adressons, Monsieur le Conseiller fédéral Berset, Mesdames Messieurs les autres Conseillers fédéraux, nos meilleures salutations.

Evelyne Ferrier et Daniel Burkhalter

VOS RÉACTIONS SUR LE SUJET

15 Commentaires

@Bubblemaker22 04.03.2021 | 20h30

«Superbe!
Merci pour ces lignes remplies du bons sens qui fait tellement défaut à nos autorités inutilement autoritaires.
Il y a un autre paradoxe, curieusement passé sous silence: si les lits des soins internet intensifs n’ont effectivement pas du être augmentés il y a une réelle surcharge dans les hôpitaux psychiatriques. Mais chuuuut ça pourrait mettre à mal l’endoctrinement Confédéral
Merci !
PS: J’ai du malheureusement louper votre lettre de mai 2020, la rédaction pourrait elle le remettre en ligne?
Merci
»


@Patrick 05.03.2021 | 06h36

«Précision: la lettre de mai 2020 dont il est question n'a pas été envoyée à BPLT.»


@Shakur13 05.03.2021 | 08h56

«Splendide! Cette lettre met parfaitement les mots sur ce que je ressens et pense. Bravo aux deux auteurs pour leur expression et lucidité.»


@Loicguelat 05.03.2021 | 11h52

«Et vous proposez qu'elles solutions ?
»


@Bacchus sur léman 06.03.2021 | 19h05

«@Loicguelat, pour avoir une solution, il faudrait un problème. Et cette lettre explique très bien que le problème est dans la tête de nos dirigeants mais pas dans la rue.»


@moretet53 07.03.2021 | 08h19

«De nouveau un amas d'affirmations non fondées. Jolie prose mais pathétique.»


@fxc 07.03.2021 | 08h59

«Un immense bravo aux deux auteurs de cet article qui est une synthèse parfaite de cette dernière année.
La question qui reste brulante est : quel est l'origine de cet aveuglement de nos dirigeants, qui touche aussi les autres pays et en mars 2021 pourquoi rester aveuglés !»


@Franky 07.03.2021 | 10h04

«Encore un brûlot égocentré qui ne propose rien... C' est comme une purge qui ne sert à rien mais qu' on fait quand même parce qu' on nous dit qu' il faut faire des purges et que ça ne peut faire que du bien..!!
Et évidemment , comme tous ces types de commentaires , on ne mentionne jamais la détresse des soignants et des systèmes de santé , sans là non plus , jamais rien proposer..!!
Et ça me rappelle ce brave Coluche , à l' époque où il était encore toléré de dire des choses sulfureuses , par exemple :
""Oui bien sûr , l' inceste , c' est grave , mais tant que ça reste en famille...""
Et je sens bien qu' il y a tant d' individus qui auraient envie de dire , s' ils en avaient le moindre courage :
""Oui bien sûr , mourir du covid c' est grave , mais tant que ça reste dans les hôpitaux , les EMS , chez les vieux et les faibles... et que l' on accorde l' AI à ceux qui en gardent des séquelles à long terme.....""
Dr François Weber. francois.weber@svmed.ch»


@Pipo 07.03.2021 | 13h27

«Excellente lettre que j’approuve entièrement.
Pour répondre à un commentaire qui demande : que proposez-vous? Vous y avez partiellement répondu en parlant des différents traitements existants, qui au pire ne marchent pas mais méritent d’ essayer. J’ajouterai ce que proposent depuis longtemps les scientifiques « dissidents « : les mesures de protection ciblées sur les personnes à risques uniquement,pour autant qu’elles le désirent. On peut rajouter la vaccination ciblée ( encore une fois sur une base volontaire) , mais en tout cas pas pour l’ensemble de la population.
Bravo encore pour votre lettre.
Dr P.Flouck, médecin retraité »


@macoguy 07.03.2021 | 14h17

«Merci de m'informer sur les protocoles médicaux simples pour enrayer la péjoration de l'état des malades?
Encore la chloroquine?
Cet article ne me semble vraiment pas sérieux.»


@Rolando 07.03.2021 | 15h46

«Cet article est déplorable, insupportable.
Pas un mot sur les hôpitaux, la surcharge des soins intensifs.
Votre non solution, (puisque vous ne nous proposez rien) nous aurait précipités vers une situation à la Los Angeles ou New York ou à la Bergame où les hôpitaux étaient dans une situation indescriptible.
Je commende à être déçu de BPLT qui jusqu'ici n'a fait que critiquer nos autorités et nos scientifiques, sans rien proposer de convaincant. »


@rhodiola 07.03.2021 | 21h51

«Depuis 2008, un lit sur 6 a été supprimé dans les hôpitaux suisses. ( bfs.admin.ch). Le nombre de personnes âgées a augmenté Oui nous sommes vulnérables. Parler de saturation des soins intensifs est une hérésie. Nous n'avons aucune politique de santé cohérente en Suisse. Il faut pouvoir augmenter le nombre de lits à la demande, traiter les patients et rouvrir les magasins, les restaurants, supprimer masques et mesures de protection. Que les gens malades soient soignés et qu'ils restent chez eux. Laissez les gens vivre ! Bravo pour votre article!
Dr Clément ( médecin anesthésiste)»


@Pipo 08.03.2021 | 10h02

«Je réitère mes félicitations aux auteurs de cette lettre ouverte à nos autorités et je ne peux qu’appuyer les propos tenus par le Dr Clément dans son commentaire. Les médias conventionnels et les conseillers médicaux n’ ont cessé depuis une année d’alimenter l’angoisse de la population avec le nombre de cas, de décès, la surcharge hospitalière puis les mutations du virus. Il est vrai que les hôpitaux, notamment les soins intensifs,ont été momentanément surchargés ( les raisons en sont évoquées par le Dr Clément) mais ça ne justifie pas à mes yeux toutes les mesures prises aux conséquences catastrophiques pour la société. Si l’on avait intelligemment ciblé la protection sur les personnes à
risques qui sont susceptibles de nécessiter des soins intensifs on aurait probablement pu diminuer la surcharge de ceux-ci.
Dr P.Flouck, médecin retraité »


@Madariaga 09.03.2021 | 09h46

«Bonjour, comme je n'ai pas reçu de réponse à ma lettre à vous envoyée, je la reproduis ici, à la mode fb, en tant que "commentaire".

Bonjour et merci beaucoup pour votre coup de gueule en forme de lettre ouverte à Alain Berset qui récapitule bien la situation sans queue ni tête dans laquelle nous nous trouvons depuis un an, en Suisse ou ailleurs.

J'ai toutefois une réserve de taille en ce qui concerne le paragraphe au sujet de la croissance de la population (paragraphe que je reproduis ci-dessous).
En effet, votre texte laisse entendre qu'une réduction drastique de la population résoudrait les problème de la surexploitation de la planète et du développement durable. Ou qu’aucun développement durable n’est possible avec une telle population.
Si c'est le cas, vous êtes donc clairement du côté de Bill Gates, et pas de Thomas Porchet.

Or, d'autres voix assurent qu'une meilleure répartition des richesses, une agriculture différente (permaculture par exemple) et un certain changement de mentalités permettraient tout à fait de nourrir toute la population.

Voici le paragraphe dont je parle :
« Observons que ces excès et abus sont largement induits par la nécessité d'abriter et de nourrir une population en croissance exponentielle. De fait nous pullulons. La population suisse et mondiale a doublé en une vie d'homme. Qui peut encore se cacher que l'explosion démographique est le plus grand obstacle à la mise en œuvre d'un concept de développement durable ? »

Véronique Borin
»


@Yves 11.03.2021 | 11h57

«Cette prise de position omet un détail qui a son importance: sans les mesures que dénoncent ses auteurs, ce ne sont pas "que" 6000 morts "avec" le covid que nus devrions déplorer, mais beaucoup plus. Toutes les mesures prises ne sont pas de bon sens et elles pèsent sur toutes et tous, certes. Mais les rejeter en bloc reviendrait à exiger la disparition des feux de circulation sur les grands carrefours au motif qu'ils ne servent à rien vu que les accidents y sont rares! Je rejette cette prise de position irresponsable.»


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