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Culture

Culture / Topor en pleine conscience

Patrick Morier-Genoud

25 novembre 2022

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«Chefs-d’œuvres II», Roland Topor, Les Cahiers dessinés, 208 pages.



En 2019, Les Cahiers Dessinés publiaient Chef-d’œuvres I, consacré aux dessins en noir et blanc de Roland Topor. Voilà le tome II, avec ses dessins en couleur «dont de nombreux inédits». Cela ne laisse pas indifférent. Ce d’autant que les Cahiers ont demandé à un psychanalyste, Patrick Declerck, de préfacer le volume. Quelle mauvaise idée! Nous n’avons bien sûr rien contre, ni pour, la personne du préfacier, chacun fait sa vie comme il peut. Mais ce qui ne va pas, c’est que ce préfacier-là ne peut évidement pas s’empêcher de psychanalyser Topor et son œuvre, de vite les ranger dans la case «désespoir profond». «Tout passe par ailleurs, que la psychanalyse ne peut même pas intercepter, ou que la psychanalyse n’intercepte que pour l’arrêter. Et c’est bien là en effet ce qu’elle propose: surcoder les agencements pour soumettre les désirs à des chaînes signifiantes, les énoncés à des instances subjective, qui les accordent aux exigences d’un Ordre établi», explique Gilles Deleuze dans Dialogues (Ed. Champs essais). Pour le préfacier de Chef-d’œuvres II, Roland Topor, né juif à Paris en 1938, «est toujours resté ce petit garçon terrorisé, séparé de ses parents et caché dans une ferme savoyarde.» Dans les formidables dessins de Topor, les lecteurs attentifs trouveront plutôt une pleine conscience, des agencements, rien en tout cas qui nécessite d’être mis en ordre, expliqué, psychanalysé.     

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