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Culture

Culture / Georges Pompidou, l'homme moderne

Marie Céhère

29 mars 2024

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«Georges Pompidou, la cruauté du pouvoir», Jean-Pierre Cottet, disponible sur france.tv jusqu’au 3 août 2024, 105 minutes.



Le 2 avril prochain, cela fera 50 ans que le président français Georges Pompidou est mort. Souffrant d’une grave maladie de la moelle osseuse qu’il avait cherché à cacher, Pompidou parvint tout de même à surprendre. A l’ORTF, la télévision publique, personne n'était prêt à traiter l’événement. Est-ce à dire que l’homme qui représenta les Trente Glorieuses, la France qui marche, l’après-De Gaulle, ne pouvait pas mourir? Ou du moins, pas si jeune? Pompidou, un demi-siècle après sa mort, inspire désormais de la nostalgie. Cet Auvergnat né d’une famille modeste, brillant étudiant, à l’ascension politique épatante dans le sillage du général, incarne un âge d’or aujourd’hui disparu. Celui de la méritocratie, de la réussite et de l’émancipation par le savoir, de l’école de la République. Celui aussi de la France des centrales nucléaires, du TGV, du Concorde, des succès industriels insolents... Dans ce documentaire sensible et très riche, on verra aussi l’homme, aspirant à la douceur de vivre, à la campagne, qui constatait: «ma fonction me saisit entièrement et m’enlève toute chance de bonheur». Une cigarette toujours à la bouche, Pompidou aimait les arts, les livres, tenait aux traditions, mais en même temps, affirmait que la France ne pouvait être grande si son économie ne suivait pas. Successeur de De Gaulle, élu en 1969, il s’était aussi battu pour que l’élection présidentielle se fasse au suffrage universel. Un homme de l’avenir, qui a laissé à la France le Centre Pompidou, qu'il a voulu le symbole de sa capacité à embrasser la modernité. Un homme aussi d’une pudeur et d’une élégance d’un autre siècle, comme en témoigne cet extrait d’une conférence de presse donnée en 1969. Le poétique et le politique, il était une France. 

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