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CHRONIQUE / Ainsi parlait Zaza

Manspreading, l’arnaque

L a plume qui caresse ou qui pique sans tabou, c’est celle d’Isabelle Falconnier, qui s’intéresse à tout ce qui vous intéresse.

Manspreading? Quelle arnaque! Le mâle-bashing ne connaît décidément pas la crise en Occident.

Je prends le bus, le métro, le train tous les jours. Tous les jours, je suis agacée de prendre le bus, le métro, le train. Jamais par un homme. Toujours par une femme.

Je suis agacée par les femmes qui posent leur sac à main sur le siège libre à côté d’elles et faisant bien comprendre que son cuir délicat a besoin de tous les égards, dont un siège personnel.

Je suis agacée par les mêmes femmes qui, lorsque vraiment il apparaît que le siège de leur sac à main est le dernier de libre, pousse un profond soupir en le soulevant, vous faisant bien comprendre quel faveur immense elles vous font.

Je suis agacée par les femmes qui se posent sur le siège extérieur en laissant libre le siège intérieur, bloquant l’accès à celui-ci, en répétant trois arrêts de suite qu’elles sortent au prochain.

Je suis agacée par les femmes déposant l’air excédé leurs sacs de courses au milieu du passage, empêchant toute circulation dans le bus, mais tellement dans leur bon droit.

Je suis agacée par ces femmes maniant leur poussette comme si c’était un tank et le plaçant stratégiquement en face des portes, bloquant tant les entrées que les sorties.

Je suis agacée par les femmes qui laissent leur marmaille pleine de vigueur squatter tout un carré en laissant vieux et éclopés et le reste du monde en général tenter péniblement de rester debout.

Tous les jours, les hommes que je vois dans le bus, dans le métro, se tassent comme ils peuvent entre les sacs à main, les sacs de courses, les poussettes et la marmailles. S’ils ne cèdent pas leur place, ils se font mal voir. S’ils n’aident pas à descendre les poussettes, on les regarde de travers.

Je ne me fais pas de souci pour les femmes. La (re)conquête de l’espace public, les femmes en connaissent un bout. Je dirais même qu’elles y sont rompues. D’autant plus qu’elles disposent de toutes les armes nécessaires à cette conquête de l’espace dans les transports publics, soit le sac à main, le sac de courses, les enfants, les poussettes - bref, un parfait womanspreading qui ne dit pas son non.

Bon pour la tête est une association à but non lucratif, emmenée par un comité de bénévoles composé de Sarah Dohr (présidente), Geoffrey Genest, Yves Genier, Anna Lietti, Denis Masmejan, Patrick-Morier-Genoud, Jacques Pilet, Chantal Tauxe (ordre alphabétique).

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