Média indocile – nouvelle formule

A vif


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Il y a des jours où l’accumulation d’informations finit par troubler nos certitudes. Celle, par exemple, de savoir l’Europe ancrée dans la démocratie. A chacun d’en juger…



  • La directrice de France Inter, Adèle van Reeth, parée d’un titre de philosophe, déclare avec une belle assurance que la radio publique accueille toutes les opinions… sauf en ce qui touche à l’écologie et au réchauffement climatique! Comme ce fut le cas pour le Covid. Sur ces sujets, les contestations sont bannies. Ce qui, soit dit en passant, fait le beurre d’une chaîne comme CNews qui aborde librement sinon objectivement ces thèmes plus controversés qu’il n’y paraît.
  • France encore. La cheffe du groupe LFI à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, ainsi que la septième de la liste du même parti aux élections européennes, Rima Hassan, ont été convoquées devant un juge pour «apologie du terrorisme» en raison de leurs déclarations sur la guerre à Gaza. La gauche socialiste en désaccord politique profond avec cette formation proteste contre cette atteinte à la liberté d’expression.
  • Franc enfin. Le directeur des rédactions du groupe breton Le Télégramme, Samuel Petit, s’indigne: plusieurs de ses journalistes ont été harcelés par des convocations judiciaires pour «violation du secret de fonction», autrement dit pour excès de curiosité quant au fonctionnement des administrations. Et même pour avoir osé photographié un incendie à l’aide d’un drone. Tendance aussi constatée dans d’autres journaux régionaux. Le patron de presse souligne que la mission d'information «relève des médias et des journalistes professionnels dont les rôles sont établis et reconnus», après avoir rappelé que le métier de journaliste «n'est pas de relayer une communication maîtrisée des pouvoirs publics, mais d'informer les citoyens».
  • L’Italie fête ce 25 avril sa libération, la fin du règne de Mussolini. L’écrivain Antonio Scurati devait lire un texte personnel à cette occasion sur la 3ème chaîne de la RAI. Il entendait affirmer que le parti de Giorgia Meloni peine à se dire «anti-fasciste». L’émission a été annulée. La Première ministre, ainsi visée, affirme qu’elle n’est pour rien dans cette décision. Mais le climat est lourd dans l’organe public de radio-télévision. Les associations de journalistes protestent contre ce qui est qualifié de censure.
  • En Allemagne, le climat électoral est tendu. La montée dans les sondages de l’AfD, parti d’extrême droite ou qualifié aussi «nationaliste-populiste», inquiète une grande part de l’opinion. Au point que certains milieux ont lancé récemment une pétition réclamant son interdiction! Elle aurait recueilli plus d'un million de signatures. En réponse, quelques politiciens de droite ont suivi l’exemple et recueillent des signatures pour bannir du champ les Verts, accusés d’avoir entraîné le pays dans une grave crise économique. Ces initiatives aberrantes n’ont aucune chance d’aboutir. Il n’empêche, c’est un mauvais signe.
  • Et en Suisse? Le site L’Impertinent de notre consœur Amèle Debey a analysé minutieusement tous les documents officiels disponibles sur la gestion de la crise sanitaire par les autorités fédérales. L’article en dit long sur les divisions en leur sein et les pressions exercées. Ces révélations trouvent écho sur les sites étrangers en bataille sur ce terrain. Mais aucun média ne s’en est fait l’écho ici.
  • Le professeur aux universités de Neuchâtel et Lausanne, depuis peu à la retraite, Eric Verrechia, spécialiste en géologie et biologie, révélait l’autre soir lors d’une conférence publique à Lausanne son expérience fâcheuse avec la RTS. Sans nullement nier le réchauffement climatique, il a étudié de façon approfondie le phénomène dans le temps et l’espace terrestre, brassé tous les chiffres disponibles et vérifiés. Ses constatations apportent des nuances importantes aux titres-chocs, aux affirmations simplistes habituellement lancées. Ainsi il a dénoncé des erreurs dans des documents publiés sur le site de la RTS. Il les a fait connaître, souhaité un débat ouvert, mais il n’a reçu aucune réponse. Le sujet est tabou.

Ce florilège vous paraît paranoïaque? Dites-le nous. Il s’agit de bien se garder des généralisations. Mais rapprocher de telles nouvelles nous paraît propice à la réflexion sur nos libertés d’expression.

VOS RÉACTIONS SUR LE SUJET

5 Commentaires

@Maryvon 26.04.2024 | 10h26

«J'aime beaucoup le titre de votre article et je pense qu'il faut veiller très attentivement à ce que notre liberté d'expression ne fonde pas comme neige au soleil. C'est malheureusement très mal engagé depuis la crise Covid et si nous ne voulons pas atteindre le seuil très critique de nos voisins français, il va falloir que les journalistes qui ont encore une éthique fassent régulièrement le point sur la situation et je profite de remercier ceux qui ont fait ce travail dernièrement en publiant l'excellent ouvrage coordonné par Madame Myret Zaki. Je pense que les journaliste de la RTS et principalement ceux de la télévision ne pourront s'épargner de faire leur auto-critique notamment concernant la couverture médiatique hystérique du Covid.»


@samantha 26.04.2024 | 16h01

«
Malheureusement ce florilège reflète la réalité! Autant que je m en souvienne la liberté d expression n a jamais été aussi limitée qu a notre époque.
Ruth»


@Apitoyou 28.04.2024 | 08h33

«J’aime bien cette tentative d’énumération de nouvelles, de caractère politique, à tendances confondues. Elle nous montre les certitudes des autres face à notre propre incertitude du monde dans lequel on existe. Incertitude que l’on aimerait certitude, bien entendu.»


@GFTH68 02.05.2024 | 17h41

«Je confirme. Il y a des thèmes qu'il n'est pas possible d'aborder.»


@stef 16.06.2024 | 17h34

«La montée de la censure en Suisse est très inquiétante ‼️»


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