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A VIF / Festival

Iceman: un film en 4D sur la Piazza Grande

S euls quelques irréductibles, puristes ou courageux ont tenté une projection en pèlerine et parapluie.

Choisir de rester sur la Piazza Grande plutôt que suivre la foule à l'auditorium FEVI (où Iceman était aussi projeté), décider de braver les éléments pour s'offrir une pleine vue sur cet écran gigantesque, est une expérience mémorable. Si la météo ne peut être contrôlée, on aurait pu croire l'autre soir qu'elle s'empressait de proposer une 4D aux spectateurs de la Piazza devant le film Iceman de Felix Randau. Un film mineur appréciable (uniquement et surtout) dans ces conditions climatiques incertaines.

L'histoire se déroule il y a 5300 ans dans les Alpes de l'Ötzal, où, en 1991, deux Allemands ont retrouvé le corps momifié d'un homme. Suite à cette découverte, Randau invente son histoire. Il s'agit d'un chef de clan, Kelab, habité par la vengeance. Trois hommes ont tué sa femme et son fils pour s'enfuir ensuite avec l'autel sacré Tineka dont il est le gardien. Il se met alors à leur recherche pour les tuer.

Les paysages que Kelab traversent sont escarpés et rocailleux. Impossible de savoir d'où vient le danger, si l'homme qu'il croise en route va le transpercer de sa flèche ou abaisser son arc. Pour le spectateur de la Piazza Grande, le danger est tout autre mais également imprévisible: «Mais il pleut où? Chez lui ou chez nous?» Puis il tourne la tête et aperçoit les montagnes surplombant Locarno s'illuminer et le ciel gronder. «C'est chez nous.» 

On court, on s'échappe, le générique de fin débute

La pluie tente quelques apparitions certaines, on se comprime comme des champignons pour mieux se protéger, on se réfugie sous les arcades et on espère. On espère que l'ascension de Kelab prenne fin, que le sang jaillira bientôt parce que l'orage menace de plus en plus. Finalement, les nuages déversent leur réserve au cœur de la ville alors que Iceman se termine. On court, on s'échappe et le générique de fin débute. Si ce film a marqué, c'est donc pour cette expérience d'un soir propre à un festival qui rend une projection unique. Et on remercie cette coïncidence. Sinon, et à moins de recréer ces mêmes conditions, il vaut mieux regarder Into The Wild (Sean Penn, 2008). L'intrigue est plus intéressante, le scénario davantage élaboré et le rapport du héro à la nature réellement travaillé.


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