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Culture / Un scandale d’espionnage décrypté


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«Mécaniques du journalisme. L’affaire Pegasus», Assia Veber, sur France Culture, 5 épisodes de 15 minutes.



Le 18 juillet 2021 paraît simultanément dans le monde l’enquête du consortium international de journalistes d’investigation Forbidden Stories, consacré à ce que le public connait maintenant sous le nom d’«affaire Pegasus». Dans cette série, qui est aussi une leçon de journalisme, Laurent Richard et Sandrine Rigaud, tous deux membres du consortium, racontent la genèse de leur enquête, leur méthode et les particularités de l’investigation sur des outils numériques, touchant à des secrets d’Etat. Pegasus, du nom du logiciel de cybersurveillance créé et commercialisé par l’entreprise israélienne NSO, permet en effet d’accéder à distance à la totalité du contenu d’un téléphone portable, ainsi que d’activer, à distance et en toute discrétion, la caméra et le micro. Officiellement, il s’agit d’une arme militaire utilisée dans l’antiterrorisme. Officieusement, il a servi dans des dizaines de pays à espionner journalistes, avocats, activistes, ainsi que des membres de gouvernements étrangers. Dans la liste des 50’000 victimes potentielles de cette surveillance, les enquêteurs découvrent, entre autres, le numéro de téléphone personnel d’Emmanuel Macron... Les deux journalistes racontent combien la paranoïa les a gagnés, eux, leurs confrères et leurs témoins. Combien il est périlleux de conduire une enquête lorsque les enquêteurs eux-mêmes sont espionnés. La révélation au grand jour de l’affaire Pegasus est, selon eux, un sursaut de la société civile face à des méthodes qui menaçaient la démocratie, en muselant la vérité sur un certain nombre de sujets sensibles. Malheureusement, en matière de géopolitique du cyber espionnage, autant vider l’océan avec une petite cuillère. Le marché de ces outils est en plein essor, encouragé par des gouvernements autoritaires prêts à tout pour garder le contrôle sur leurs citoyens, leurs opposants et tous les curieux de leurs agissements...

VOS RÉACTIONS SUR LE SUJET

1 Commentaire

@stef 30.07.2024 | 13h42

«Cela devrait être bien plus largement diffusé dans tous les médias du monde.»