keyboard_arrow_left Retour
Vos lettres à Bon pour la tête

Le jugement de Madrid est nécessaire à la sécurité du droit

A lors que les puchistes séparatistes catalans répondent de leurs actes devant la Cour suprême de justice, des questions se posent et elles sont légitimes. Une lettre du lecteur François Meylan, Président fondateur, Catalunya peuple d’Espagne.

En premier lieu, sommes-nous en train de juger des politiques en raison de leurs idées? La réponse est bien entendu non. On ne condamne personne en Espagne pour ses idées depuis plus de quarante ans. Il est question d’élus certes, mais qui ont délibérément violé les règnes les plus élémentaires du vivre ensemble.

Les 6 et 7 septembre 2017, au Parlement de la Généralitat, ils ont profité de leur courte majorité pour violer la Constitution - celle-ci étant largement inspirée de notre constitution helvétique et de celle de l’Allemagne fédérale. Ils ont violé le statut de l’autonomie catalane ce qui revient pour nous autres à piétiner notre Constitution cantonale. Ils se sont assis sur leur propre loi électorale qui requiert la majorité qualifiée des deux tiers pour tout changement de loi. Ils en ont tiré profit pour évincer l’opposition. Les prévenus ont ainsi décrété qu’ils décideraient seuls le destin de cette région espagnole de 7,5 millions d’habitants. Dont les deux tiers sont opposés à la sédition avec l’Espagne. Ils ont passé en force une nouvelle loi dite de déconnexion prévoyant un référendum d’autodétermination. Une sorte de mini constitution octroyant de larges prérogatives au fugitif Carles Puigdemont. Par exemple, le texte stipulant que seul le président de la Généralitat nommerait les présidents des tribunaux et pour une durée indéterminée, à son bon vouloir.

Cette nouvelle loi passée en force prévoyait également que, quel que soit le taux de participation au référendum illégal qui sera par ailleurs rapidement invalidé par le Tribunal constitutionnel de Barcelone, une majorité simple suffirait à déclarer l’indépendance dans un délai de 48 heures. Imaginez les millions de ménages catalans qui subitement se seraient retrouvés hors des frontières de leur pays...

Pour rappel, les indépendantistes sont estimés à deux millions d’individus. Que fait-on des cinq millions et demie restant se sentant autant Espagnols que Catalans? Si la France (art. 81), l’Italie (art. 5) et l’Allemagne (art. 21) excluent expressément dans leur constitution les formations politiques menaçant l’intégrité du territoire. Ce n’est pas le cas de l’Espagne.

Être indépendantiste dans la péninsule ibérique n’est pas un délit. D’ailleurs, on n’a pas emprisonné deux millions de personnes. Ce qui est un délit c’est d’enfreindre la loi et de détourner des fonds publics pour financer leur mascarade comme l’ont fait les judiciables qui nous occupent. Nous assistons, aujourd’hui, au pays de Cervantes à une juste réponse de l’État de droit. Le minimum que l’on puisse attendre d’une démocratie qui se respecte.

François Meylan, Président fondateur, Catalunya peuple d’Espagne

Bon pour la tête est une association à but non lucratif, emmenée par un comité de bénévoles composé de Sarah Dohr, Geoffrey Genest, Anna Lietti, Denis Masmejan, Patrick-Morier-Genoud (président), Jacques Pilet, Chantal Tauxe, Faridée Visinand, Ondine Yaffi (ordre alphabétique).

© 2019 - Association Bon pour la tête | une création WGR